
Près d’un an après le meurtre de quatre agents de santé en pleine mission de vaccination à Isangi, leurs familles vont bénéficier d’un soutien destiné à renforcer leurs moyens de subsistance. Le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a annoncé ce mercredi 2 septembre 2026, lors d’un échange public avec la population, la mise en place d’un financement en faveur des veuves et orphelins laissés par les victimes.
L’aide ne devrait pas prendre la forme d’une assistance ponctuelle. Le gouverneur privilégie le financement d’activités génératrices de revenus, avec l’objectif de permettre aux familles de disposer d’une source de revenus capable de soutenir durablement la scolarité et la prise en charge des enfants. « Si nous vous accordons aujourd’hui une assistance quelconque, il est possible que celui qui viendra après moi ne puisse pas la poursuivre », a expliqué Paulin Lendongolia, avant d’insister sur la nécessité d’une solution qui puisse survivre aux changements de responsables.
Le gouverneur a également chargé son conseiller en matière humanitaire de recueillir les coordonnées des familles concernées afin d’assurer le suivi de l’assistance. Cette mesure intervient dans un contexte marqué par les conséquences toujours visibles du drame d’Isangi, où quatre agents de santé avaient été tués alors qu’ils participaient à une campagne de vaccination.
En octobre 2025, ces agents avaient été brûlés vifs par des jeunes dans un contexte de rumeurs accusant les équipes de vaccination de faire disparaître des organes génitaux. Des accusations infondées qui avaient transformé une opération de santé publique en tragédie humaine, coûtant la vie à des professionnels engagés sur le terrain.
Au-delà de l’aide annoncée, le dossier d’Isangi rappelle le prix que peuvent payer les agents de santé lorsque les rumeurs prennent le dessus sur l’information et la confiance. Pour les veuves et les orphelins, le financement promis devra désormais se traduire en moyens concrets : une activité viable, des revenus réguliers et une prise en charge moins précaire des enfants.