
Les vacances parlementaires sont censées rapprocher les élus de leurs bases. Elles doivent permettre aux députés de rendre compte du travail accompli à l’Assemblée nationale, d’écouter les préoccupations de leurs électeurs et de porter leurs attentes au Parlement lors de la prochaine session.
À Kisangani, cette période prend une tournure qui inquiète certains observateurs. Au lieu de se concentrer sur les préoccupations de la population, des élus se livrent publiquement à des passes d’armes verbales, chacun répondant aux attaques de l’autre.
« C’est plus une scène d’exhibition que de redevabilité parlementaire », estime Janvier Folo, notable et jeune leader de Kisangani.
Pour lui, cette confrontation entre représentants de la même ville traduit une réalité politique plus profonde : les divergences qui traversent le caucus des députés nationaux de Kisangani. Une situation qui, selon lui, risque de détourner les élus de leur mission première.
« L’un lance une pierre contre l’autre et l’autre réplique de la plus belle manière. Pendant ce temps, le peuple qui est sacrifié et qui vous a donné mandat vous observe », dénonce-t-il.
Le message de Janvier Folo s’adresse directement aux parlementaires : le mandat reçu des électeurs ne devrait pas servir de tribune à des querelles personnelles ou à des règlements de comptes politiques. Les vacances parlementaires constituent, au contraire, une occasion de retourner sur le terrain, de dialoguer avec les communautés et de mesurer les attentes réelles de la population.
À Kisangani, les problèmes ne manquent pourtant pas : infrastructures, emploi, éducation, santé, accès à l’eau, électrification et développement économique figurent parmi les préoccupations régulièrement exprimées par les habitants.
La division entre élus risque, dans ce contexte, de réduire leur capacité à défendre collectivement les intérêts de la ville auprès du gouvernement central et des institutions nationales.
« Il est temps que ça cesse et que chacun puisse résolument se mettre au travail pour l’intérêt de la population que vous dites représenter », plaide Janvier Folo.
Derrière cette prise de position se trouve un avertissement politique clair : les électeurs observent les actes de leurs représentants et finiront par tirer les conséquences de leurs choix.
« Chacun sera obligé de récolter ce qu’il est en train de semer. Le peuple vous regarde. »