En vacances parlementaires à Kisangani, son fief électoral, le député national Patrick Matata Makalamba s’est rendu, mercredi 9 septembre, à Lubunga, sur la rive gauche du fleuve Congo. L’élu a échangé avec les différentes couches de la population de cette commune, réunies dans la salle de la paroisse Sainte-Marthe.
Parmi les personnes venues exposer leurs préoccupations figuraient des déplacés du conflit Mbole-Lengola, actuellement hébergés sur le site de la paroisse. Devant leur élu, ils ont décrit des conditions de vie particulièrement difficiles.
Manque de nourriture, vêtements, médicaments et abris décents : les déplacés affirment vivre dans une grande précarité. Ils soutiennent que plus d’une centaine de personnes seraient déjà décédées sur le site en raison de la dégradation de leurs conditions de vie.
Face à cette situation, ils ont sollicité l’intervention de Patrick Matata auprès des autorités compétentes, notamment du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre l’humanité (FONAREV), afin d’accélérer leur retour dans leurs milieux d’origine.
Les déplacés souhaitent notamment bénéficier directement des moyens nécessaires à la reconstruction de leurs habitations, estimant être mieux placés pour organiser eux-mêmes leur réinstallation et retrouver une vie normale.
Routes, eau, électricité et insécurité
Les préoccupations exprimées par les habitants de Lubunga ne se limitent pas à la situation des déplacés. La population a également dénoncé le retard dans les travaux de réhabilitation et de modernisation des 15 kilomètres de voirie prévus dans la commune.
L’accès à l’électricité reste également problématique. Selon les habitants, le courant est principalement disponible entre 23 heures et 5 heures du matin. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès à l’eau de la REGIDESO, l’insécurité persistante et l’absence d’un éclairage public suffisant.
La population a aussi soulevé la question de l’identification des victimes du conflit Mbole-Lengola. Elle dénonce l’enregistrement, parmi les victimes, de certaines personnes qui résideraient dans d’autres communes de Kisangani, alors que de véritables victimes de Lubunga risqueraient, selon elle, de ne pas être prises en compte.
Patrick Matata promet un plaidoyer auprès du FONAREV
Après avoir écouté les différentes doléances, Patrick Matata a promis de porter le plaidoyer des déplacés auprès du FONAREV afin d’accélérer le processus de leur retour.
« Le processus de retour, je vous dis que le coordonnateur est déjà désigné et il est ici. Il va faire un bon travail. Comme député national, nous allons l’accompagner et il va faire ce travail pour votre retour », a déclaré l’élu de Kisangani.
Cette rencontre intervient alors que les vacances parlementaires offrent aux élus l’occasion de retourner dans leurs circonscriptions, d’écouter leurs électeurs et de recueillir leurs préoccupations afin de les porter auprès des institutions compétentes.