Une nouvelle controverse secoue le secteur minier de la province de la Tshopo. La cheffe de division provinciale des Mines, Sheka Wembo, est accusée par plusieurs acteurs du secteur d’avoir pris une décision controversée en ordonnant la fermeture des activités d’exploitation minière artisanale de la Coopérative Minière de Bavadili (COOMIBAV) sur le site de Bavanibi, situé dans le groupement Bamadea, territoire de Bemili.

Selon des informations recueillies par Boyoma Info, cette mesure intervient dans le cadre d’un différend opposant la COOMIBAV à la coopérative SOCOMIAC. Des sources proches du dossier estiment toutefois que les fondements juridiques ayant conduit à cette fermeture seraient contestés et évoquent un dossier qu’elles qualifient de « vraisemblablement faux ».

L’affaire prend une dimension encore plus sensible en raison de la présence d’hommes en uniforme sur le site après la fermeture des activités. Plusieurs témoins affirment que des militaires et des policiers auraient été déployés pour sécuriser le périmètre.
Une situation qui suscite des interrogations au regard des orientations arrêtées lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, au cours de laquelle le Président de la République avait formellement réitéré l’interdiction de la présence des éléments des forces de défense et de sécurité sur les sites miniers, sauf dans les cas prévus par la loi.

Par ailleurs, par sa lettre du 28 juillet 2026 portant levée de la mesure administrative (suspension des travaux) édictée par la lettre n°354/6.1/394/P.TSH/2026 du 10 juillet 2026, la cheffe de division des mines a notifié une correspondance qui s’apparente à une lettre de pure façade, assortie d’une seconde missive greffée de multiples recommandations dont la pertinence et la solidité juridique ne sauraient être sérieusement soutenues.

Cependant, des sources dignes soutiennent que la COOMIBAV figure parmi les coopératives artisanales reconnues pour sa régularité dans le paiement des taxes et redevances minières.
Elles mettent également en avant les investissements réalisés par cette coopérative en faveur des communautés locales, notamment l’ouverture d’une route reliant Bolebole, dans la province du Haut-Uélé, à Panga, dans la province de la Tshopo, ainsi que l’installation d’un bac de traversée près de Bomili afin de faciliter la mobilité des populations et des opérateurs économiques.

Toutefois, certains observateurs s’interrogent sur le fait qu’une telle infrastructure, relevant normalement des compétences des pouvoirs publics provinciaux, ait été réalisée par un opérateur privé, illustrant les difficultés persistantes en matière d’aménagement des infrastructures dans cette partie du pays.

Par ailleurs, plusieurs sources contactées par Boyoma Info avancent que les tensions autour de ce dossier seraient également liées à des intérêts financiers.

Elles évoquent l’existence d’exigences portant sur un pourcentage que l’administration minière provinciale chercherait à obtenir auprès de la coopérative SOCOMIAC.

Cette affaire relance le débat sur la gouvernance du secteur minier artisanal dans la province de la Tshopo, où les questions de transparence, du respect des textes légaux et de la protection des investissements demeurent au centre des préoccupations des acteurs du secteur.

Plusieurs observateurs appellent les autorités nationales compétentes à diligenter une enquête impartiale afin d’établir les responsabilités et de garantir l’application équitable de la réglementation minière.

Rédaction

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