Basée à Kisangani, l’association sans but lucratif « Ba Mama Malaïka » (BMM), conduite par Yollande Ebongo Bosongo, monte au créneau contre les propos de l’ancien président Joseph Kabila Kabange. En cause : sa récente sortie médiatique et sa désignation à la tête d’un mouvement insurrectionnel politico-rebello-militaire pro-rwandais dénommé Front pour la refondation de la nation (FRN), une initiative que ces femmes jugent constitutive de haute trahison envers l’unité nationale et de déstabilisation des institutions légalement établies.

Dans un message sans concession, empreint d’indignation, de déception et d’inquiétude, rendu public ce mercredi, cette branche de la société civile dénonce une démarche de nature à fragiliser la paix, la cohésion nationale et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Derrière leur colère se dessine également la crainte de voir les Congolais replonger dans les violences, avec leur cortège de familles brisées, de mères en larmes et d’enfants privés de leur droit de grandir dans la paix.

« Pas de bradage de notre chère mère patrie ! »

Pour les Ba Mama Malaïka, la fonction de chef de l’État confère une responsabilité morale qui ne s’éteint pas à la fin du mandat. Celui qui a dirigé le pays devrait, selon elles, contribuer à préserver la vie des Congolais plutôt que d’alimenter des tensions susceptibles de replonger la Nation dans le cycle des violences.

« Un ancien président devrait être un artisan de paix, pas le chef d’un mouvement rebello-militaire pro-rwandais », martèlent-elles, appelant les anciens dirigeants à faire prévaloir l’intérêt supérieur de la Nation sur leurs ambitions personnelles.

Rappelant qu’aucune rivalité politique ne saurait justifier une atteinte à la souveraineté du pays, le collectif exige un rejet catégorique du recours aux armes comme mode de conquête du pouvoir. Pour ces femmes, la RDC n’est ni un butin politique, ni un héritage privé, encore moins un terrain de marchandage où le sang des innocents pourrait payer le prix des ambitions des dirigeants.

Face aux menaces de déstabilisation de leur chère mère patrie, la structure dirigée par Yollande Ebongo Bosongo réaffirme sans ambiguïté son soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant de la Nation, dans sa démarche visant à promouvoir la paix et la cohésion nationale en vue de la refondation de l’État congolais.

Dans cette dynamique, les Ba Mama Malaïka invitent également le gouvernement congolais à revoir et à renforcer ses stratégies d’action face aux risques de déstabilisation du pays. Elles préconisent une approche anticipative, combinant le renforcement des dispositifs de sécurité, la vigilance des services compétents, la mobilisation diplomatique et l’intensification de la sensibilisation citoyenne, afin de prévenir toute éventuelle escalade.

Pour cette structure, les déclarations de l’ancien chef de l’État, qu’elle interprète comme des signes d’un possible recours à la lutte armée, doivent être prises au sérieux par les autorités, dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République, afin de préserver la paix, de protéger les populations et d’empêcher toute remise en cause de l’ordre institutionnel.

Car, derrière les menaces de guerre, ce sont des familles entières qui risquent de basculer dans l’angoisse, des mères qui pourraient être contraintes de fuir avec leurs enfants et des innocents qui pourraient payer le prix de décisions politiques auxquelles ils n’ont jamais pris part. Pour les Ba Mama Malaïka, anticiper ces risques, c’est aussi éviter que de nouvelles larmes viennent s’ajouter à celles déjà versées par les victimes des conflits en RDC.

Elles saluent également l’engagement sur le terrain des Forces armées de la RDC (FARDC) ainsi que des combattants patriotes Wazalendo, auxquels elles adressent leurs encouragements et leur soutien dans la défense de l’intégrité du territoire congolais.

Les BMM lancent un appel vibrant à l’ensemble du peuple congolais, aux forces vives de la nation pour faire bloc derrière le chef de l’État et les institutions légalement établies, afin de barrer la route à toute tentative de balkanisation du pays.

Au-delà des querelles politiques, l’association remet l’humain et la souffrance des civils au centre du débat. Familles déchirées, mères plongées dans l’angoisse, maternités détruites, enfants déscolarisés et populations rurales contraintes à l’exil : le prix des conflits est avant tout supporté par les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants.

Pour ces mères, l’idée de voir une nouvelle génération grandir au milieu des armes, des déplacements forcés et des deuils est insupportable. Aucune mère ne devrait avoir à trembler chaque fois que son enfant quitte la maison, à fuir son village dans la précipitation ou à pleurer un proche victime d’une guerre qu’elle n’a jamais souhaitée.

« Pour qui veut-on diriger si la population est dispersée, meurtrie et privée de paix, décimée ? », s’interrogent-elles avec gravité.

En conclusion, cette structure lance un appel solennel aux acteurs politiques de tous bords afin de :

✔️ Privilégier le dialogue et la voie démocratique ;

✔️ Préserver la cohésion nationale et la stabilité des communautés ;

✔️Placer la protection des citoyens au-dessus de toute considération partisane.

Rédaction

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