
L’appel à la journée « ville morte » lancé mercredi par la coalition de l’opposition continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Depuis les États-Unis, le jeune leader congolais a livré une analyse critique de cette mobilisation qu’il juge peu cohérente avec les méthodes traditionnellement utilisées par l’opposition congolaise.
Se réclamant de la génération qui s’était opposée au troisième mandat de l’ancien président , Joël Kabuya estime que les comparaisons entre le contexte actuel et celui de l’époque du régime Kabila doivent être faites avec davantage de rigueur.
« Nous sommes de cette génération qui a dit non au troisième mandat de Kabila. À cette époque, lorsque nous dénoncions une situation politique, nous descendions dans la rue pour faire entendre notre voix », soutient-il.
Pour lui, la stratégie adoptée par la coalition dite « C64 », consistant à appeler les citoyens à rester chez eux plutôt qu’à organiser des manifestations publiques, ne pouvait logiquement pas déboucher sur des affrontements avec les forces de l’ordre ou sur des scènes de répression.
Selon ce jeune acteur politique, l’absence de mobilisation visible sur le terrain interroge davantage l’efficacité du mot d’ordre lancé par l’opposition que l’attitude des autorités publiques.
Joël Kabuya s’est également montré réservé face aux discours présentant le président comme un modèle démocratique sur le continent africain.
À ses yeux, une telle qualification relève davantage de l’exagération politique que d’une analyse objective de la situation démocratique du pays.
Sans pour autant apporter un soutien explicite au pouvoir en place, il plaide pour une lecture plus équilibrée du contexte politique congolais, estimant que les acteurs de tous bords doivent éviter aussi bien la diabolisation systématique que les éloges excessifs.
L’observation du déroulement de la journée du 3 juin dans plusieurs villes du pays alimente désormais le débat sur la capacité de l’opposition à mobiliser la population autour de ses revendications.
Pour Joël Kabuya, certains indicateurs observés à Kinshasa, notamment la fluidité inhabituelle de la circulation dans plusieurs artères de la capitale, méritent certes d’être analysés, mais ne suffisent pas à eux seuls à conclure au succès ou à l’échec total de l’initiative.
Cette sortie médiatique intervient alors que les tensions politiques demeurent vives autour des questions institutionnelles et du fonctionnement de la démocratie en RDC, un débat qui continue de polariser la scène politique nationale.