Le FRIVAO veut passer à une nouvelle étape. Après les indemnisations individuelles, le Fonds spécial de répartition des indemnisations aux victimes des activités illicites de l’Ouganda entend investir dans des projets collectifs destinés aux communautés affectées.

Parmi les décisions prises figure la construction d’hôpitaux généraux modernes dans plusieurs provinces, notamment la Tshopo, l’Ituri, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.

Ces projets ont été validés lors de la session extraordinaire du conseil d’administration du FRIVAO, tenue à Kinshasa du 27 juillet au 4 août 2026. Les résolutions ont été présentées à la presse vendredi 14 août, lors d’un point de presse organisé au siège national du Fonds à Kisangani.

Le choix des infrastructures sanitaires donne une orientation précise à l’indemnisation collective : financer des équipements qui profitent directement aux communautés touchées par les activités illicites de l’Ouganda.

L’objectif dépasse donc le versement d’une compensation à des victimes prises individuellement. À travers ces investissements, le FRIVAO entend apporter une réponse collective à des préjudices qui ont affecté des communautés entières.

Le conseil d’administration a également décidé d’élargir progressivement les interventions du Fonds à l’Ituri, au Haut-Uélé et au Bas-Uélé, trois provinces issues de l’ancienne Province-Orientale.

Cette extension devra permettre au mécanisme d’indemnisation de couvrir plus largement les populations concernées.

Sur le volet individuel, le FRIVAO ne renonce pas aux paiements. Le conseil d’administration a décidé de poursuivre le processus après un audit de la liste des victimes.

L’opération sera confiée à une structure indépendante spécialisée. Elle devra notamment vérifier et fiabiliser les données des bénéficiaires avant la reprise des indemnisations.

Cette étape répond à une difficulté centrale du processus : disposer d’une liste fiable, vérifiable et protégée contre les doublons ou les bénéficiaires indus. La crédibilité des prochaines opérations de paiement dépendra largement de la qualité de cet audit.

Le président du conseil d’administration du FRIVAO, Dismas Kitenge Senga, a profité du point de presse pour démentir les informations faisant état d’une prétendue insolvabilité du Fonds.

Il affirme que ces informations sont fausses et assure que le FRIVAO dispose encore de ressources pour poursuivre ses activités, malgré le détournement dont le Fonds a été victime.

Une dernière tranche de 65 millions de dollars américains reste également attendue.

La direction du Fonds appelle ainsi les victimes à la patience pendant la poursuite du processus.

Les décisions prises à Kinshasa ne concernent pas uniquement les indemnisations.

Le conseil d’administration a autorisé la désignation des membres du collège des commissaires aux comptes, appelé à renforcer le contrôle financier du FRIVAO. Cet organe vient compléter le dispositif institutionnel composé du conseil d’administration et de la coordination.

Le conseil a également évalué l’application des recommandations issues de sa session de mars 2026 et validé le manuel de procédures du FRIVAO.

Ces mesures touchent directement à la gouvernance du Fonds. Après les controverses liées à la gestion de ses ressources, la transparence, le contrôle des dépenses et la traçabilité des indemnisations deviennent des conditions essentielles pour restaurer la confiance des victimes.

Avec la validation des projets collectifs, l’audit annoncé des listes et le renforcement des mécanismes de contrôle, le FRIVAO ouvre donc un nouveau chapitre. La prochaine bataille sera celle de l’exécution : quels projets seront effectivement lancés, dans quels délais et avec quels montants pour chacune des provinces concernées ?

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