
Dans une déclaration parvenu à la rédaction de Boyoma Info et qui suscite l’indignation, des activistes des droits humains, notamment de la LUCHA et de l’AJDDH, s’opposent fermement à la proposition de la République Démocratique du Congo (RDC) de sponsoriser le club de football français AS Monaco à hauteur de 4,8 millions d’euros sur trois ans.
Cette initiative, présentée comme un moyen de « promouvoir l’image du pays » et d’attirer des investisseurs, est jugée irresponsable et déconnectée des réalités que vit la population congolaise.
La RDC, dont le championnat national (Linafoot) est en crise, pourrait bénéficier de cet argent pour revitaliser ses propres infrastructures sportives. Au lieu de déverser des millions dans un club étranger. Les activistes plaident pour un réinvestissement dans le football local, afin de soutenir les clubs et redonner vie à la Linafoot. Et de poursuivre que les droits de diffusion avec des chaînes comme Canal+ pourraient également contribuer à faire briller le football congolais sur la scène internationale.
Les préoccupations s’étendent au-delà du sport. Le pays souffre d’infrastructures défaillantes : routes impraticables, électricité instable et aéroports non conformes aux normes. Dans un contexte où les inondations chroniques et le manque d’eau potable persistent, il est difficile d’imaginer comment un simple logo sur un maillot pourrait attirer des touristes ou des investisseurs, regrettent les activistes.
De plus, la RDC est l’un des pays les plus corrompus au monde, avec une instabilité chronique dans sa région orientale. Dans ce climat d’insécurité et de méfiance, comment espérer séduire des investisseurs sérieux ? La simple visibilité ne suffira pas ; il faut créer un environnement propice à la confiance, martèlent les activistes des droits humains.
Ce projet est perçu par ces activistes comme une insulte à la souffrance quotidienne du peuple congolais. Alors que des millions vivent dans la pauvreté sans accès aux soins ni aux emplois, investir dans un club de football étranger avec de l’argent public est considéré comme un mépris inacceptable.
Les signataires appellent cependant à une mobilisation générale pour stopper cette initiative jugée absurde. La RDC a besoin d’infrastructures essentielles telles que des routes, des écoles et des hôpitaux, plutôt que de logos sur des maillots européens, ont-ils conclu.
Jean-Claude FUNDI