L’idée d’aménager une infrastructure au PK13 pour organiser le stationnement des poids lourds répond à un problème réel à Kisangani. Les camions stationnés de manière désordonnée sur les principales artères de la ville compliquent la circulation, accélèrent la dégradation des routes et posent des problèmes de sécurité. Une solution était nécessaire.

Mais derrière cette initiative, plusieurs inquiétudes commencent à émerger, notamment sur son fonctionnement et ses conséquences sur la chaîne d’approvisionnement.

La première confusion concerne la nature même de l’infrastructure. Parle-t-on réellement d’un port sec ou simplement d’une aire de stationnement ? La différence est importante. Une aire de stationnement sert à accueillir temporairement les véhicules en attente, tandis qu’un port sec est une infrastructure douanière où sont réalisées des opérations de contrôle, de stockage sous douane et de dédouanement des marchandises. Cette distinction doit être clairement établie afin d’éviter des incompréhensions dans la gestion du projet.

Au-delà de l’aspect administratif, c’est l’impact économique qui préoccupe les opérateurs. Le déplacement des marchandises vers un site situé en dehors du centre-ville pourrait entraîner des coûts supplémentaires liés au déchargement, au transbordement et au transport de relais. Ces charges supplémentaires risquent, à terme, de se répercuter sur les prix des produits dans les marchés de Kisangani.

La question des moyens de transport adaptés reste également posée. Les véhicules appelés à assurer le relais entre le PK13 et les différents dépôts de la ville sont pour beaucoup vieillissants et insuffisants pour répondre efficacement aux besoins. Le recours massif aux petits véhicules ou aux triporteurs pourrait ralentir la distribution, augmenter les risques de pertes et compliquer davantage la logistique.

Le succès de ce projet ne dépendra donc pas seulement de l’existence d’un espace aménagé, mais surtout de son organisation pratique.

Une concertation entre la mairie, les transporteurs, les commerçants et les services techniques apparaît indispensable pour définir un mécanisme qui évite de transformer une solution contre le désordre urbain en une nouvelle contrainte économique. Le chargement et le déchargement planifiés dans les différents points de distribution pourraient constituer une alternative pour maintenir la fluidité de l’approvisionnement.

La question de la taxe de stationnement devra également être abordée avec prudence. Cette taxe doit répondre aux besoins de gestion de la ville sans devenir une charge supplémentaire excessive pour les transporteurs et, indirectement, pour les consommateurs.

Le PK13 peut contribuer à moderniser l’organisation du transport à Kisangani. Mais pour gagner l’adhésion des acteurs concernés, le projet doit être accompagné de règles claires, d’une bonne planification et d’une véritable prise en compte des réalités du terrain.

Car une infrastructure destinée à faciliter la circulation ne doit pas, par son mode de fonctionnement, compliquer davantage la vie économique de la ville.

 

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