
La nuit du 27 juillet 2025 restera gravée comme l’une des plus sombres dans l’histoire récente de l’Ituri. Une attaque d’une rare cruauté a frappé la localité de Komanda, dans le territoire d’Irumu, alors que des fidèles participaient à une veillée religieuse organisée à l’occasion du jubilé d’argent de la Croisade Eucharistique.
Le bilan est effroyable : plus de 45 civils ont été massacrés, parmi eux des enfants, des femmes, des jeunes et même des responsables religieux.
L’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH), dans un communiqué daté du 28 juillet, a condamné avec la plus grande fermeté cette tuerie qu’elle qualifie d’avanie contre la dignité humaine. Elle pointe du doigt les rebelles ADF, accusés d’avoir transformé la salle paroissiale de Caritas en une scène de carnage.
« Ce crime porte atteinte non seulement à la vie humaine, mais aussi à la liberté de culte, pilier fondamental de la cohésion sociale », dénonce l’AJDDH, qui exige une réponse judiciaire et sécuritaire immédiate.
Ce massacre s’ajoute à la longue série d’atrocités attribuées aux ADF dans l’Est de la RDC, notamment en Ituri et à Beni. Ce qui choque davantage, c’est l’incapacité persistante de l’État à assurer la protection des populations, même dans un contexte d’État de siège prolongé et de mutualisation des forces armées congolaises (FARDC) avec l’armée ougandaise (UPDF).
L’AJDDH appelle les autorités nationales et internationales à rompre avec l’indifférence et à mettre fin à l’impunité. Elle plaide pour un renforcement immédiat de la présence sécuritaire à Komanda et dans tout le territoire d’Irumu, afin d’éviter que ce drame ne devienne une énième statistique oubliée.
L’AJDDH exprime sa solidarité totale envers les familles endeuillées, les blessés, et la communauté chrétienne.
Par ailleurs, l’organisation :
1. Demande une enquête indépendante et impartiale pour traduire les auteurs devant la justice.
2. Exhorte les autorités à protéger en urgence les populations, en particulier dans les zones à haut risque comme Irumu.
3. Encourage la société civile, les médias et les défenseurs des droits humains à se mobiliser pour documenter et dénoncer ces atrocités.
Pour l’AJDDH, la paix durable passe par la vérité, la justice et la réparation.
« La sécurité, la dignité et la liberté de croyance sont des droits inaliénables, pas des privilèges », rappelle Jedidia Mabela, Directeur Exécutif, qui signe ce communiqué depuis Kisangani.
Jean-Claude FUNDI