À Kinshasa, la qualification de la main-d’œuvre du secteur du bâtiment revient au cœur des discussions. Le ministère de la Formation professionnelle, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi et le Club BTP & CMA veulent accélérer la reconnaissance des compétences acquises directement sur les chantiers. Au centre de cette démarche : la Validation des acquis de l’expérience (VAE), qui concerne déjà 8 113 professionnels selon les données communiquées par le ministère.

Derrière les routes, les bâtiments et les ouvrages publics, des milliers de travailleurs exercent leur métier depuis plusieurs années sans disposer nécessairement d’une certification correspondant à leur savoir-faire. C’est cette situation que le ministre d’État, ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, et le président du Club BTP & CMA, Jean Bamanisa Saïdi, ont abordée lors de leur rencontre du 1er septembre 2026 à Kinshasa.

Le Club BTP & CMA doit désormais apporter son expertise au processus de VAE pour les métiers relevant de son secteur. L’objectif est de permettre aux professionnels formés principalement par la pratique de faire évaluer leurs compétences et, lorsqu’elles répondent aux critères requis, d’obtenir une reconnaissance officielle. Le dispositif couvre notamment les métiers du bâtiment, des travaux publics, de l’industrie et de l’artisanat.

Pour le sénateur Jean Bamanisa, la qualité des infrastructures commence par la qualification de ceux qui les exécutent. « On peut discuter de questions d’urbanisme, de construction, de travaux publics, mais ceux qui exécutent, ce sont les ouvriers », a-t-il déclaré. Le sénateur estime que la RDC compte des centaines de milliers de travailleurs expérimentés dont les compétences restent encore insuffisamment reconnues dans les dispositifs formels de formation.

La VAE doit précisément permettre de rapprocher l’expérience acquise sur le terrain de la certification professionnelle. Dans le BTP, des métiers comme celui d’électricien du bâtiment peuvent notamment être concernés. Le processus, engagé en 2025, avait connu une première phase de jurys en février 2026 avant une interruption. Sa relance est désormais envisagée avec l’implication du Club BTP & CMA.

La qualité de l’évaluation constitue l’un des autres enjeux soulevés lors des échanges. Les experts chargés d’examiner les compétences des candidats devront eux-mêmes répondre à des exigences élevées. « C’est un grand travail, donc nous avons besoin les uns des autres », a expliqué Jean Bamanisa, citant le ministère, l’Inspection générale de la Formation professionnelle et les différentes structures impliquées.

Une échéance se profile : le 22 septembre 2026. Le ministère annonce à cette date la remise officielle des référentiels métiers. Ces documents doivent préciser les activités, les tâches et les compétences attendues pour chaque métier. Ils serviront de base à l’évaluation des professionnels et contribueront à rapprocher les certifications des réalités du terrain.

La coopération porte aussi sur la standardisation des programmes de formation, l’actualisation de certains dispositifs réglementaires et les mécanismes d’incubation. Le pari consiste à agir sur deux fronts : reconnaître les compétences déjà acquises et mieux préparer les travailleurs aux exigences futures du marché.

Pour Jean Bamanisa, le chantier est loin d’être achevé. « Le travail est encore profond, le travail va continuer », a-t-il insisté. Le Club BTP & CMA entend ainsi accompagner le ministère dans la durée en mettant à contribution son expertise des métiers et des réalités professionnelles.

Derrière cette démarche se joue une question qui dépasse la délivrance d’un certificat. Dans la construction, la compétence de celui qui exécute un ouvrage peut avoir des conséquences directes sur sa qualité, sa durabilité et la sécurité des usagers. Reconnaître l’expérience des ouvriers, c’est donc aussi mieux encadrer les compétences qui participent à la construction des infrastructures congolaises.

Avec 8 113 professionnels déjà concernés et les référentiels métiers attendus le 22 septembre, la VAE entre dans une nouvelle phase. Le défi sera désormais de transformer cette volonté politique et professionnelle en un mécanisme régulier, crédible et accessible à ceux qui ont appris leur métier sur les chantiers.

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