Des députés nationaux en ordre dispersé, une population dans l’expectative

La représentation politique de la ville de kisangani à l’assemblée nationale traverse une période de turbulences.

Depuis le retrait de confiance exprimé à l’égard de leur président, l’honorable patrick matata makalamba, un climat de méfiance semble progressivement s’installer au sein du groupe des élus nationaux de la ville.

Ce qui devrait être un espace de concertation, de solidarité et de défense des intérêts de kisangani et de la tshopo donne désormais l’impression d’être traversé par des divergences de plus en plus visibles. les positions ne sont plus toujours communes, les sensibilités s’affirment et, surtout, des camps semblent se dessiner.

Dans ce contexte, certains élus paraissent davantage associés à certains cercles que d’autres. des voix s’interrogent même sur l’existence de réseaux d’influence susceptibles de marginaliser progressivement certains représentants pourtant investis du même mandat populaire.

La question fondamentale n’est pas de savoir qui a raison ou qui a tort dans cette querelle politique. elle est de savoir jusqu’où les divergences entre élus peuvent compromettre la défense des intérêts de leurs électeurs.

Un député national n’est pas seulement le représentant d’un groupe politique, d’un courant ou d’un cercle d’influence. il est avant tout le mandataire d’une population qui lui a confié une mission : porter sa voix, défendre ses intérêts et contribuer à l’amélioration de ses conditions de vie.

Lorsque les élus d’une même ville éprouvent des difficultés à parler d’une seule voix sur les grands dossiers concernant kisangani et la tshopo, c’est leur capacité à peser collectivement qui risque de s’affaiblir.

La politique peut naturellement être faite de divergences. les désaccords sont inhérents à la démocratie. mais la divergence d’opinions ne devrait jamais se transformer en guerre de personnes, encore moins en compétition pour savoir qui aura le dernier mot.

Et le peuple dans tout cela ?

C’est ici que se trouve le véritable problème.

La population de kisangani avait placé beaucoup d’espoir dans ses élus nationaux. elle espérait les voir défendre les préoccupations de la ville, porter les grands projets de développement et interpeller le gouvernement sur l’état des routes, de l’électricité, de l’eau, des infrastructures sanitaires et scolaires, mais aussi sur les difficultés économiques et sociales auxquelles elle est confrontée.

Aujourd’hui, face aux divisions apparentes de ses représentants, cette même population peut légitimement se demander : qui défend réellement ses intérêts ?

Le peuple ne devrait pas être condamné à choisir un camp entre ses propres élus. il ne devrait pas non plus devenir l’otage des querelles, des rivalités ou des ambitions personnelles de ceux qu’il a mandatés.

Il est temps que les députés nationaux de kisangani prennent de la hauteur.

Ils peuvent avoir des opinions différentes, appartenir à des familles politiques différentes et même être en désaccord sur la conduite de leur représentation collective.

Mais sur les questions essentielles qui touchent à l’avenir de kisangani et de la tshopo, l’intérêt général devrait constituer leur plus petit dénominateur commun.

Kisangani a besoin de députés capables de transformer leurs divergences en débats constructifs, leurs rivalités en émulation et leurs différences en force collective.

La population, pour sa part, doit également sortir d’une certaine logique de dépendance politique. elle doit observer, questionner et surtout évaluer ses élus à l’aune de leurs actes, plutôt qu’à travers leurs discours, leurs appartenances ou leurs alliances.

Le peuple doit-il choisir un camp ?

Le meilleur choix pour la population n’est pas de prendre parti pour tel ou tel camp. il est de prendre parti pour kisangani.

Le peuple doit exiger de tous ses élus le même niveau de responsabilité, sans favoritisme ni complaisance. il doit demander des comptes sur les engagements pris, suivre leurs actions parlementaires et interpeller ceux qui s’éloignent des préoccupations de leurs électeurs.

Car au-delà de patrick matata makalamba, au-delà des différents camps qui pourraient se constituer et au-delà des querelles de leadership, une réalité demeure : kisangani appartient à sa population.

Ses députés ne sont que les dépositaires temporaires d’un mandat populaire.

ils passeront.

Kisangani, elle, restera.

Et l’histoire retiendra moins les querelles internes de ses représentants que leur capacité  ou leur incapacité  à se rassembler lorsqu’il fallait défendre les intérêts de leur peuple.

La question n’est donc plus de savoir quel député gagnera la bataille du leadership.

La véritable question est de savoir si kisangani sortira gagnante de cette division.

jean-claude fundi

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