
Depuis Dallas, aux États-Unis, à des milliers de kilomètres de Kinshasa, un homme a pris la plume. Il ne l’a pas fait pour commenter ou pour calculer, mais pour dire à celui qu’il appelle son mentor qu’il n’est pas abandonné. Daté du 26 septembre 2026, le message de Joël Kabuya Katuadi à Constant Mutamba est court. Il porte pourtant le poids de la loyauté des mauvais jours, celle qu’on ne mesure que lorsque les projecteurs s’éteignent.
Le 18 septembre, la Cour de cassation a condamné l’ancien garde des Sceaux à dix ans de travaux forcés dans l’affaire FRIVAO. Il a aussitôt rejeté ce verdict, dénonçant un procès expéditif où aucune preuve n’aurait été présentée. C’est dans ce climat que Joël Kabuya a lu la lettre du 20 septembre, où il dit avoir reconnu son mentor, debout, avec son patriotisme intact.
Alors, il se souvient. Nous sommes en 2023, dans un bureau, un soir où les deux hommes sont seuls. Le mentor lui confie :
« Jeune frère, nul n’échappe à sa destinée. Hier j’étais à Kisangani dans une famille très modeste et aujourd’hui je préside l’un des plus grands mouvements politiques et demain nous écrirons l’histoire. Tout ce que nous subissons passera. »
Trois ans plus tard, ces paroles lui reviennent comme une prophétie. Pour lui, elles disaient déjà que la vision dépasse toujours le présent.
Ce que Kabuya décrit, c’est la douleur de regarder de loin un homme qu’il admire affronter la tempête. Il parle d’un système qu’il juge mafieux, de dossiers qu’il dit sans preuve, d’un droit de défense qu’il estime bafoué, d’une voix populaire qu’on voudrait éteindre. Il n’a pas de tribunal à opposer à la Cour de cassation. Il oppose autre chose : le verdict du cœur du peuple, devant lequel il déclare son mentor acquitté.
Puis viennent les phrases qui portent toute la lettre. « L’histoire nous a appris qu’on peut emprisonner un homme, mais jamais ses idées. » Il rappelle Lumumba, tué pour effacer ses idées, et affirme qu’aujourd’hui on ne tente que d’enfermer une vision qui, elle, reste vivante. « Et tant que vous êtes vivant, notre combat continue. »
La lettre se referme sur une promesse simple, sans slogan de meeting : rester fidèle à ce que l’on représente, à ce que l’on a transmis, à la conviction qu’une épreuve n’est qu’un passage qui ne brise pas une destinée.
En politique, les amis se comptent quand tout va bien. C’est quand un homme est isolé, jugé et contesté que l’on voit qui reste. Joël Kabuya a choisi de rester, et il l’a écrit noir sur blanc, en quatre mots qui résument tout :
« VOUS N’ÊTES PAS SEUL, PRÉSIDENT. »
Ci-dessous la lettte:

