
Dans une lettre ouverte poignante adressée au Président de la République Démocratique du Congo le 29 avril dernier consulté par Boyoma Info, un groupe éminent de chercheurs (43), défenseurs des droits humains et professeurs d’université, dont des figures respectées comme Dr Denis Mukwege, Professeurs Alphonse Maindo, Bob Kabamba et Me Jean-Claude Katende, a tiré la sonnette d’alarme sur la grave crise que traverse le pays.
Ils décrivent une situation alarmante où plus de 10 millions de Congolais vivent dans la peur constante de la violence armée et de la famine, exacerbée par l’occupation rwandaise, l’alliance Fleuve Congo et le mouvement
rebelle du 23 mars.
Les signataires dénoncent non seulement les ambitions expansionnistes des nations voisines, mais aussi le manque de gouvernance interne qui contribue à cette tragédie nationale.
Ils insistent sur l’urgence d’une sortie de crise pour mettre fin aux conflits qui ravagent le pays depuis trois décennies.
Dans leur déclaration, ils rappellent au Président son serment constitutionnel et soulignent que la souveraineté nationale appartient au peuple congolais. Ils mettent en garde contre tout accord qui pourrait compromettre les richesses naturelles du pays, qualifiant de haute trahison tout acte visant à priver le peuple de ses ressources faisant allusion à l’accord de principes signé le 25 avril entre la RDC et le Rwanda sous l’égide des États-Unis d’Amérique.
« L’esprit transanctionnel qui anime la déclaration de principes du 25 avril, caractérisé par son opacité et son déficit d’inclusivité, doit appeler les congolais à la responsabilité, et en premier lieu dans le chef du gouvernement et du Président de la République gardien de notre constitution », ont écrit ces personnalités.
Les chercheurs appellent également Félix-Antoine Tshisekedi à ne pas sacrifier les minerais congolais, à inclure la justice transitionnelle dans tous les efforts déployés pour restaurer et consolider la paix, à faciliter des consultations nationales impliquant toutes les forces vives de la nation, y compris les élus de l’assemblée nationale, avant de s’engager au nom du peuple congolais, et à défendre exclusivement les intérêts du peuple congolais souverain lors de son prochain séjour à Washington.
Cette lettre ouverte souligne non seulement l’urgence d’agir pour préserver l’intégrité et les ressources de la République du Congo, mais aussi l’importance d’un dialogue inclusif pour construire un avenir pacifique et prospère.
Jean-Claude FUNDI.