L’Organisation non gouvernementale Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) lance une alerte urgente concernant la détention prolongée de l’activiste Jordan SAIDI ATIBU dans les locaux de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) à Kisangani, dans la province de la Tshopo.

Interpellé de manière brutale le 09 janvier 2026, l’activiste a été conduit le même jour au bureau provincial de l’ANR, où il totalise aujourd’hui plus d’un mois de détention, sans qu’aucun motif officiel n’ait été communiqué.

Selon l’AJDDH, Jordan Saidi n’a eu aucun accès à sa famille, à ses avocats ni à ses soins médicaux, une situation jugée alarmante au regard de son état de santé.

De graves violations des droits fondamentaux dénoncées

Dans son communiqué de ce lundi 9 février parvenu à la rédaction de Boyoma Info, l’AJDDH estime que cette détention constitue une violation manifeste des droits humains, garantis par la Constitution congolaise ainsi que par les instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC.

L’ONG rappelle notamment que :
Le droit à la liberté individuelle demeure la règle, la détention étant l’exception. La garde à vue ne peut excéder 48 heures, même pour les services de sécurité, qui restent soumis aux délais légaux de procédure.

Le droit à l’intégrité physique interdit toute forme de torture ou de traitement cruel, inhumain ou dégradant.
La privation de médicaments et de soins médicaux est assimilée à un traitement susceptible de mettre en danger la vie du détenu.

Pour l’AJDDH, un mois de détention sans présentation devant une autorité judiciaire compétente dépasse largement les délais légaux admis par le code de procédure pénale congolais.

Trois exigences claires adressées aux autorités

Face à cette situation, l’ONG formule plusieurs exigences urgentes :
– La clarification immédiate du dossier de Jordan Saidi Atibu et sa présentation devant les juridictions compétentes si des charges existent.
– L’accès sans délai à sa famille, à ses avocats ainsi qu’à des soins médicaux appropriés, afin d’éviter toute issue tragique.
– L’ouverture d’une enquête indépendante sur les conditions de sa détention au cachot de l’ANR, afin de dissiper tout soupçon de torture ou de mauvais traitements.

Un appel au respect de l’État de droit
Tout en réaffirmant son attachement à la paix, à la stabilité institutionnelle et à la démocratie, l’AJDDH rappelle que les prérogatives sécuritaires de l’ANR ne sauraient justifier une détention prolongée sans contrôle judiciaire, encore moins la privation des droits fondamentaux à la santé et à la communication.

« La protection de l’État ne peut se faire au détriment des droits humains », insiste l’organisation, qui appelle les autorités compétentes à agir avec responsabilité et dans le strict respect de la loi.

 

Rédaction

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