
Le Conseil presbytéral de l’Archidiocèse de Kinshasa a lancé un cri d’alarme face à la recrudescence de l’insécurité qui frappe les institutions ecclésiastiques de la capitale congolaise.
Dans une déclaration rendue publique à l’issue de sa réunion, le clergé dénonce une criminalité de plus en plus organisée visant les paroisses, les communautés religieuses et les structures pastorales.
Les prêtres de Kinshasa évoquent une situation « alarmante et intolérable », marquée notamment par l’assassinat d’un gardien à la paroisse Saint François de Sales ainsi que par plusieurs attaques contre des prêtres, religieux, religieuses et séminaristes.
Les récents incidents survenus dans les paroisses Sainte Agnès de Ndjili et Saint Théophile de Kimbanseke, où un vicaire a été grièvement blessé lors d’une agression nocturne, illustrent la gravité de cette menace.
Le Conseil presbytéral souligne également que plusieurs de ces actes seraient commis par des groupes organisés, parfois lourdement armés et utilisant des uniformes semblables à ceux des forces de sécurité nationales.
Une situation qui alimente l’inquiétude et renforce le sentiment d’impunité dénoncé par l’Église.
Au-delà des agressions physiques, les responsables catholiques déplorent des actes répétés de vandalisme, de profanation et de destruction visant les sacristies, les archives et les objets de culte.
Pour eux, ces attaques ne touchent pas seulement l’Église, mais également des institutions engagées quotidiennement dans l’éducation, la santé, la promotion humaine et la cohésion sociale.
Face à cette escalade de violence, le clergé appelle les autorités politico-administratives et sécuritaires à assumer pleinement leur responsabilité de protection des personnes et des biens.
Il exige l’ouverture d’enquêtes sérieuses et transparentes afin d’identifier les auteurs et leurs éventuels commanditaires, tout en plaidant pour un renforcement de la collaboration entre les forces de l’ordre et les responsables locaux.
Tout en invitant les fidèles à demeurer vigilants, unis et solidaires, l’Église catholique de Kinshasa réaffirme son engagement en faveur de la justice, de la paix et du bien commun.
« La sécurité, la justice et la paix sont possibles lorsque chacun assume avec responsabilité sa part de devoir », rappelle le Conseil presbytéral dans son message signé par l’abbé Jean-Freddy Bobo, modérateur du Conseil.
Dans un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant, cette prise de position du clergé apparaît comme un appel pressant à l’action pour préserver la paix sociale et la liberté de culte dans la capitale congolaise.
Jean-claude Fundi