Le discours prononcé par le président Félix Tshisekedi le 11 décembre 2024 devant les deux chambres réunies en congrès, présenté comme une évaluation des progrès réalisés et un engagement pour l’avenir, suscite de nombreuses interrogations.

C’est le cas pour l’ONG AJDDH qui dans son analyse dont une copie parvenue à notre rédaction, souligne que son exercice vise à éveiller la conscience civique et critique des Congolais face aux incohérences, omissions et contradictions dans les thèmes abordés, notamment la sécurité, la révision constitutionnelle, les infrastructures, la gestion économique et le rôle des Wazalendo.

1. Les Wazalendo et la question sécuritaire

Pour Jedidia Mabela directeur de AJDDH, le président a salué le rôle des Wazalendo, présentés comme des forces patriotiques résistantes aux agressions étrangères, notamment celles du M23 soutenu par le Rwanda.
Cependant, il souligne plusieurs contradictions émergent dans le discours du Chef de l’Etat :

« Bien qu’il mette en avant la bravoure des Wazalendo, il n’a présenté aucun plan concret pour les encadrer ou les intégrer dans les structures formelles de sécurité nationale », a indiqué Jedidia Mabela.

A l’en croire, cette omission soulève des doutes sur la durabilité de leur contribution à la stabilité. Et d’ajouter que ces groupes sont souvent accusés d’exactions et de violations des droits humains en toute impunité.

Malgré les louanges du président note le directeur de l’ONG AJDDH, l’insécurité demeure persistante dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, où des groupes armés continuent de terroriser la population.

La mesure exceptionnelle de l’état de siège en place depuis trois ans semble inefficace, rendant ainsi les éloges sur ces initiatives peu crédibles, a-t-il martelé.

2. La révision constitutionnelle

Le président a réaffirmé son intention de lancer un processus de révision constitutionnelle en 2025, visant à adapter la loi fondamentale aux réalités actuelles du pays.
Toutefois, cette initiative suscite des soupçons quant à ses motivations politiques.
De nombreux analystes craignent qu’elle ne soit qu’une tentative de modifier les dispositions verrouillées de la Constitution concernant le nombre et la durée du mandat présidentiel, affirme Mabela.
Selon lui, cette situation pourrait ouvrir la voie à une prolongation du pouvoir, contrariant ainsi les principes d’alternance démocratique. Par ailleurs poursuit-il, l’absence de dialogue inclusif sur ce sujet crucial est dénoncée par l’opposition et la société civile.

3. Les infrastructures : un flou persistant

Le président a annoncé d’ambitieux projets d’infrastructures, y compris la construction de 7 000 km de routes dans le cadre du programme « minerais contre infrastructures ». Cependant, pour Jedidia, le Président Félix Tshisekedi n’a fourni aucune précision sur les zones concernées par ces travaux ni sur leur financement ou leur durée d’exécution.

Plusieurs projets mentionnés figuraient déjà dans des discours précédents sans avancées significatives, constate cet activiste Pro-démoctatie.

4. L’économie : inflation et précarité

Bien que le président ait mis en avant certains indicateurs économiques positifs, tels qu’une croissance annoncée, Jedidia Mabela indique les réalités quotidiennes des Congolais restent marquées par l’inflation et la précarité.
Les promesses d’amélioration économique semblent encore éloignées pour une grande partie de la population.

Le discours du président Tshisekedi soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses concrètes. Les attentes des Congolais face à un avenir meilleur demeurent largement insatisfaites face à un discours qui semble parfois déconnecté des réalités du terrain.

Il semble que la situation économique et politique soit vraiment complexe. L’inflation élevée et la déconnexion des réalités peuvent créer un climat d’incertitude pour les citoyens. La lutte contre la corruption et les réformes judiciaires sont également des enjeux cruciaux pour renforcer la confiance dans les institutions.

C’est important que les gouvernements soient tenus responsables de leurs promesses, surtout en ce qui concerne le bien-être des citoyens.

 

 

Jean-Claude Fundi

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