conflit foncier à Kisangani : les prêtres du sacré-coeur payent le prix

Impunité, arnaque, acte prémédité ou complicité ? Telles sont les questions que d’aucuns se posent face à la spoliation d’une des concessions des prêtres à Kisangani, province de la Tshopo.

Mains dans le coeur, les prêtres du Sacré-Coeur de Jésus attirent l’attention du numéro un des Congolais, le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi face à cette question.

Face à l’expropriation de leur terrain, la congrégation des prêtres du Sacré-Coeur de Jésus dénonce une fois de plus la passivité des services attitrés.

En effet, ses religieux sont l’objet d’une tentative d’expropriation de leur terrain situé au bloc Motumbe quartier plateau Boyoma dans la commune Makiso à Kisangani.

Dans un point de presse tenu mardi 16 novembre, ses prêtres avec beaucoup d’amertumes et une grande désolation, dénoncent les actes qu’ils subissent.
« Nous Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus en RDC, prenons en témoins les opinions locales, nationales et internationales que depuis le mois de juin 2021 nous sommes victimes de convoitise de nos concessions de façon manifeste par un groupe d’agents des services
fonciers, ceux de cadastre et de l’urbanisme et habitat de Kisangani, travaillant en électron libre » martèle Père Gustave Mania membre de la commission chargée de patrimoine de sacré-coeur.

Selon Père Gustave Mania, un groupe d’agents des services fonciers ont pris le goût dans la manigance des documents fonciers afin d’exproprier les concessions des gens par
fraude et ceci depuis un certain temps. Il souligne que ce groupe ne cesse de chanter « d’avoir la justice de Kisangani dans la
poche ».

Pire, un ministre provincial de la Tshopo est cité par les prêtres du Sacré-Coeur de Jésus d’être de mèche avec ce groupe ayant la ferme promesse d’être récompensé par plusieurs parcelles au cas où leur forfait réussirait. Quelle complicité ?

Les prêtres du sacré-coeur disent être victimes de la violence dont font usage ce groupe mieux identifié pourtant par certaines autorités locales.
« … c’est ainsi que
nous étions désagréablement surpris de voir le Centre Saint Laurent, Saint Vincent et Sainte Bakhita où
résident les enfants abandonnés et orphelins, assiégé toute la journée du samedi 09 octobre et toute la
journée du dimanche 10 octobre 2021, par un groupe de plus de 40 personnes armées des machettes, des
barres de fer, des bâtons et autres armes blanches ainsi que quelques armes à feu. Ils ont frappé et blessé les
enfants, les prêtres et le personnel dudit centre. Ils ont vandalisé, pillé et emporté beaucoup de biens », témoigne père Gustave Mania.

En outre, ses religieux ne cachent pas leur plus grand regret de voir que les meneurs de ce groupe étaient bien connus et bien identifiés
par le conseil de sécurité de province de la Tshopo tenu extraordinairement le 11 octobre dernier, et qu’un
mandat d’amener soit lancé par le parquet général pour 8 personnes et pour motif d’association des
malfaiteurs.

Toutefois, ses prélats de l’église catholique signalent que deux de ce groupe étaient déjà arrêtés, mais à la grande surprise, ils
étaient triomphalement relâchés quelques jours après cette arrestation. Raison pour eux de confirmer leur selon laquelle la justice est dans leur poche.

Et de confirmer que ces personnes sont revenus avec le même mode opératoire occupant de force leur concession SR 4253 réservée pour les projets en faveur des enfants abandonnés et orphelins.
Ils affirment que ces expropriateurs effectuent déjà les travaux au vu et au su de tous, littéralement, le jour comme la
nuit.

Comme déclare Père Gustave Mania, les prêtres du Sacré-Coeur regrettent et condamnent avec la dernière énergie, la passivité et la non-assistance des personnes en
danger des services attitrés.
Mais aussi la léthargie des autorités compétentes des différents services de l’Etat.
Ceci pousse aux prêtres à soupçonner leur complicité dans cette affaire.

« …Ce qui nous fait poser la question de savoir si c’est un rêve ou une réalité ? Comment se fait-il qu’au
21eme siècle et dans un Etat de droit, des personnes fictives et sans histoires aient une aristocratie foncière
jusqu’à exercer un pouvoir politique, judiciaire et policière ? On dirait que nous sommes dans la féodalité
du 9eme au 13eme siècle ? », S’exclame le chargé de patrimoine des prêtres du Sacré-Coeur.

Tout en affirmant que cette concession appartienne à leur congrégation, les prêtres du Sacré-Coeur avertissent à tout celui qui s’hasardera d’acheter des parcelles entre les mains
impropres.

Jean-Claude Fundi

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