Une affaire mêlant occupation d’un immeuble de l’Office national des transports (ONATRA), accusations de tentative de spoliation et arrestation contestée suscite des interrogations à Kisangani. Au cœur du dossier : Abiaro KISIMBA, ancien chef de zone adjoint à l’ONATRA, qui affirme avoir été interpellé à son domicile par des hommes se présentant comme des agents de l’Agence nationale de renseignement (ANR).

Les faits remontent au mardi 6 octobre 2026, vers 6 heures du matin. Quatre hommes se seraient présentés au domicile d’Abiaro KISIMBA, situé au n°27 de l’avenue du 30-Octobre, dans la commune Makiso, avant de l’emmener au siège de l’ANR/Tshopo.

Retraité de l’ONATRA depuis 2021, Abiaro KISIMBA affirme avoir été retenu de 6 heures à 20 heures et soumis à plusieurs interrogatoires. Il conteste fermement les accusations portées contre lui et qualifie son arrestation d’« arbitraire ».

« J’ai été auditionné par un OPJ. Il m’a fait savoir que j’étais têtu et que j’habitais illégalement dans cette maison qui appartenait à un Blanc dont les enfants seraient venus réclamer la propriété », témoigne-t-il.

Abiaro KISIMBA soutient que le bâtiment appartient à l’ONATRA et rejette toute accusation d’occupation illégale. Il affirme y résider depuis 2017, dans un immeuble où vivent également plusieurs agents et anciens travailleurs de l’entreprise publique.

Pour lui, une question demeure sans réponse : comment un immeuble présenté depuis des années comme faisant partie du patrimoine de l’ONATRA peut-il soudainement être revendiqué par un particulier ?

L’ancien cadre de l’ONATRA va plus loin. Il dénonce ce qu’il considère comme une tentative de récupération du patrimoine de l’entreprise publique et s’interroge sur le rôle joué dans cette affaire par les personnes qui se sont présentées comme des agents de l’ANR.

Abiaro KISIMBA accuse ces derniers de l’avoir intimidé et conteste les conditions de son interpellation.

Il demande dĂ©sormais l’identification claire du plaignant et l’arrĂŞt de ce qu’il qualifie d’intimidations Ă  son encontre. Il estime Ă©galement, si un particulier estime qu’il serait le propriĂ©taire de cet immeuble c’est auprès de l’ONATRA qu’il devait s’adresser.

L’affaire soulève ainsi plusieurs questions : qui revendique officiellement la propriété de cet immeuble ? Sur quels documents repose cette revendication ? L’ONATRA a-t-elle été saisie du dossier ? Et sur quelle base légale Abiaro KISIMBA a-t-il été interpellé puis détenu pendant plusieurs heures ?

À ce stade, les accusations formulées par Abiaro KISIMBA restent ses déclarations. La version de l’ANR/Tshopo, de l’ONATRA et de l’éventuel plaignant demeure nécessaire pour établir les faits et déterminer les responsabilités dans cette affaire.

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