
Ma Gloire Bolunda tire la sonnette d’alarme : « C’est donc ça le fruit de notre indépendance ? »
Dans une tribune percutante, Ma Gloire BOLUNDA, écrivain et journaliste chevronné, dresse un tableau sombre mais réaliste de l’état actuel de la province de la Tshopo, et par extension, du pays tout entier. A travers un style poétique et incisif, il interpelle les consciences sur les maux qui rongent la société congolaise.
« Là, ils ont tué. Là-bas, ils ont volé. Ici, ils ont violé. » Ces phrases fortes ouvrent une réflexion poignante sur l’insécurité endémique, la violence populaire, la corruption et la misère sociale.
Il cite notamment Kabondo, théâtre d’un lynchage public choquant, révélateur d’un climat où la justice populaire supplante les institutions légales. Bolunda fustige également la dérive des forces censées sécuriser, devenues elles-mêmes sources de peur.
Il dénonce une impunité institutionnalisée, des détournements banalisés, une fonction publique humiliée, et un système éducatif où les étudiants sont saignés à blanc, pris au piège d’un enseignement devenu lucratif au détriment du savoir.
À travers une question finale coup de poing – « C’est donc ça le fruit de notre indépendance ? » – l’auteur appelle à une remise en question collective, 66 ans après l’accession du pays à la souveraineté.
Son cri, brut et lucide, sonne comme un appel au réveil citoyen, dans une Tshopo où
la douleur devient norme et la résignation, habitude.
Rédaction