
Une vive tension a secoué le village PK24 sur la route d’Ituri, samedi 26 juillet, semant une psychose. Alors que des rumeurs alarmantes faisaient état d’un prétendu conflit communautaire entre les Mbole et les Bakumu, la réalité des faits révèle plutôt une tragédie liée à un match de football qui a mal tourné.
Tout a commencé lorsqu’un jeune joueur a été poignardé mortellement par son coéquipier à l’issue d’un match dans le village PK24, situé dans le secteur Bakumu Mandombe, province de la Tshopo.
La nouvelle de ce drame a aussitôt enflammé les réseaux sociaux, alimentée par une série de fausses informations évoquant un affrontement intercommunautaire naissant entre deux groupes ethniques vivant en cohabitation pacifique dans cette partie de la province.
En réaction à ces rumeurs, des jeunes du village, sous l’effet de l’émotion, ont barricadé la route, provoquant la suspension momentanée de la circulation sur ce tronçon vital reliant Kisangani à la province de l’Ituri. Véhicules, motos et passants se sont retrouvés bloqués, amplifiant l’atmosphère de confusion et de peur.
Face à cette situation, le gouverneur de province Paulin Lendongolia a instruit le ministre provincial de la fonction publique et des Transports, Ghislain Mogenya, de se rendre immédiatement sur place pour ramener le calme, clarifier les faits et assurer la reprise de la circulation.
Sur le terrain, le ministre Mogenya a pris la situation en main : il a dialogué avec les jeunes, expliqué les faits réels, et s’est personnellement chargé du rapatriement du corps du jeune décédé, désormais placé à la morgue Rekapi, aux frais du gouvernement provincial.
« Il n’y a aucun conflit entre Mbole et Bakumu dans le secteur Bakumu Mandombe. Ce qui s’est passé est un acte isolé, tragique certes, mais sans connotation communautaire », a déclaré fermement le ministre Mogenya, appelant la population à ne pas céder aux manipulations et à maintenir la cohésion sociale.
Cette intervention rapide et efficace a permis de rouvrir la route dans le calme, avec la reprise immédiate du trafic routier, et d’éviter toute escalade.
Cet incident rappelle à quel point les réseaux sociaux peuvent amplifier des drames en les transformant en crises imaginaires, menaçant la paix fragile dans des zones historiquement sensibles. Il souligne également l’importance de la vigilance des autorités locales et la maturité attendue des citoyens dans la gestion de l’information.
Une enquête est en cours pour élucider les circonstances précises du meurtre, tandis que des appels au calme et à la solidarité continuent d’être lancés par les autorités coutumières et administratives.
Jean-Claude FUNDI