Une affaire explosive secoue le secteur minier de la Tshopo. Entre accusations, soupçons de mauvaise gestion et tensions croissantes, la délivrance des permis d’exploitation devient le symbole d’un malaise profond.
A l’origine : la dénonciation par la Coopérative minière des exploitants de Banalia Bagwa (COMINEBAB) d’un blocage prolongé de ses permis d’exploitation, malgré le paiement intégral des frais exigés.
Dans une interview accordée le 15 avril 2026, son président, Gaston Abili Ngbengbele, affirme que sa structure s’est acquittée, dès janvier, d’un montant de 2.760.000 francs congolais, conformément aux dispositions du code minier.
Pourtant, à ce jour, aucun document officiel ne leur a été délivré.
Une situation qu’il qualifie d’« incompréhensible » et surtout « préjudiciable » pour les activités de la coopérative.
Gaston Abili accuse directement la cheffe de division des mines, Annie Sheka, de bloquer volontairement le processus.
Selon lui, les frais versés n’auraient jamais été transférés au compte de la régie financière, malgré la remise d’un reçu.
Les conséquences économiques sont déjà lourdes pour la COMINEBAB. Faute de permis d’exploitation, toute activité légale est suspendue, plongeant la coopérative dans une situation d’insolvabilité, malgré les investissements consentis.
Face à cette impasse, le président de la coopérative affirme avoir saisi les autorités compétentes et déposé une plainte contre la cheffe de division. Mais jusqu’à présent, aucune suite concrète n’aurait été donnée. Il en appelle désormais à l’implication directe du gouverneur de province pour rétablir les droits de sa structure et apaiser les tensions.
Sur le terrain, la colère monte également parmi les agents et cadres de la division des mines, certains allant jusqu’à réclamer le départ d’Annie Sheka.
De son côté, la cheffe de division rejette toute accusation de détournement. Elle affirme que les fonds versés sont toujours disponibles au sein de la division et n’ont pas encore été transférés à la régie provinciale en raison d’un problème technique lié à la géolocalisation du site minier concerné.
Selon elle, les équipes dépêchées sur le terrain, dans le cadre d’une mission autorisée par le gouverneur, peinent encore à localiser précisément la zone d’exploitation.
Dans l’attente du rapport de cette mission, le dossier reste en suspens, alimentant frustrations et incertitudes.
Entre accusations croisées et blocages administratifs, le dossier COMINEBAB illustre les défis persistants de gouvernance dans le secteur minier congolais, où la transparence reste un enjeu majeur pour restaurer la confiance des investisseurs et des acteurs locaux.
Reddy MBOLI