À Kisangani, la deuxième édition du Forum Singa Mwambé s’est achevée sur un message clair : l’agriculture ne doit plus être un secteur de survie, mais un levier structuré de transformation économique porté par les femmes.

Organisée par la Fondation Gisèle Bombele et le Forum des Femmes de la Tshopo avec l’appui de ENABEL, cette rencontre de deux jours a réuni experts, autorités, partenaires techniques et actrices agricoles autour des défis persistants du secteur dans la province de la Tshopo.

Dans une salle comble, les échanges ont mis à nu les réalités du terrain : faible mécanisation, difficultés d’accès au financement, impacts du changement climatique et fragilité des chaînes de commercialisation. Mais au-delà du diagnostic, les participantes ont surtout voulu changer de cap.

Pour Gisèle Bombele, cette édition marque un tournant décisif. Elle parle désormais d’une « révolution agricole » en marche, portée par une génération de femmes décidées à structurer leur action, transformer leurs productions et conquérir les marchés.

Les ateliers ont abordé des enjeux stratégiques : adaptation au changement climatique, incubation agricole, transformation locale des produits, circuits de commercialisation et accès aux financements. Une approche globale qui vise à rompre avec l’agriculture informelle et peu productive.

Mais le véritable défi commence maintenant. Les organisateurs insistent sur la mise en œuvre des recommandations issues des travaux. La priorité est donnée à la structuration des agricultrices en coopératives capables de porter des projets solides et d’accéder aux mécanismes de financement.

Autre urgence : la résilience face aux dérèglements climatiques. Les participantes appellent à des dispositifs d’alerte et d’accompagnement pour les zones régulièrement touchées par les inondations, qui fragilisent les récoltes et les revenus.

L’ambition affichée est claire : renforcer d’abord la sécurité alimentaire locale avant de viser des marchés plus larges. Une stratégie qui place la production vivrière et la transformation locale au cœur du développement économique de la province.

Selon les organisateurs, les femmes et les jeunes formés durant ce forum sont appelés à jouer un rôle central dans cette dynamique, en augmentant significativement la production agricole et en améliorant sa valeur ajoutée.

Dans la continuité du forum, une foire agricole s’ouvre à la Place des Martyrs à Kisangani. Les productrices venues de différents territoires y exposent produits vivriers, légumes, légumineuses, produits d’élevage, poisson, viande et volaille.

Un espace pensé non seulement comme vitrine commerciale, mais aussi comme symbole d’une économie locale qui veut se réinventer.

Entre ambitions politiques, réalités économiques et urgence climatique, le Forum Singa Mwambé s’impose désormais comme un laboratoire d’idées pour une agriculture féminine plus structurée, plus productive et plus résiliente en Tshopo.

 

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