Une dizaine de morts en quelques jours, sur fond de rumeurs infondées et de psychose collective. Autorités et société civile appellent au calme.

La ville de Kisangani et le territoire d’Isangi, dans la province de la Tshopo, sont secoués par une vague de violence meurtrière liée au phénomène des présumées disparitions ou atrophies des organes sexuels.

Ce mardi 7 octobre 2025, trois jeunes hommes âgés entre 20 et 30 ans ont été tués par des habitants du quartier Kilanga 1, dans la commune Kisangani. Ils ont été accusés, sans preuve, d’être à l’origine de supposées disparitions de sexe chez d’autres citoyens.

Selon Bokendi Liyele, bourgmestre de la commune Kisangani, ces meurtres en pleine journée sont fondés sur de simples rumeurs. « Aucune preuve n’a été apportée. Un jeune homme qui avait crié à la disparition de son sexe a été arrêté», a-t-il déclaré, dénonçant une manipulation dangereuse.

Le phénomène ne touche pas uniquement la ville de Kisangani.
La veille, lundi 6 octobre, dans le village Ilambi, territoire d’Isangi, deux médecins en mission ont été sauvagement lynchés par une population en furie, les accusant des mêmes faits.

Des témoins sur place rapportent une scène d’une rare violence, où la peur et la rumeur ont suffi à déclencher l’irréparable.

Le mal semble s’étendre comme une traînée de poudre. Parti du territoire de Basoko, ce phénomène a gagné Banalia, Ubundu, Isangi et désormais la ville de Kisangani.

Partout, la même mécanique : une personne crie à la disparition ou à l’atrophie de son sexe, la foule s’enflamme, accuse, juge et exécute, sans que la justice ne soit saisie, et sans preuve concrète.

A ce jour, une dizaine de personnes ont perdu la vie dans cette spirale de justice populaire, au mépris de la loi et de la dignité humaine.

Dans leurs communiqués, le ministre provincial de l’intérieur et l’ONG BCBG appellent la population au calme, à la prudence et à la responsabilité. Ils invitent chacun à se référer aux structures judiciaires en cas de suspicion, plutôt que de céder à la vindicte populaire.

Face à ce climat délétère, les services de sécurité sont appelés à renforcer la sensibilisation, rétablir l’autorité de l’État et sanctionner avec fermeté les instigateurs et auteurs de ces violences.

Kisangani ne doit pas sombrer dans l’obscurantisme et la terreur, mais s’élever par la raison et le respect de la vie.

Jean-Claude FUNDI

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