Le ministère de la Formation professionnelle accueille ce mercredi la cérémonie officielle de remise de 244 référentiels métiers et compétences. À l’ouverture, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi, président du Club BTP-CMA, a plaidé pour une formation mieux adaptée aux besoins de l’économie et pour une reconnaissance officielle des compétences acquises sur le terrain.

Pour lui, l’enjeu va bien au-delà de la remise de documents : il touche au capital humain et au développement économique de la RDC.

Devant les membres du gouvernement, les parlementaires, les entrepreneurs, les partenaires techniques et financiers et les professionnels du secteur, le sénateur a décrit un décalage qu’il dit observer sur les chantiers et dans les entreprises : l’offre de formation ne répond pas aux besoins réels du marché du travail.

Dans le BTP comme dans l’industrie et l’artisanat, ce décalage prend selon lui deux formes. D’un côté, les grands projets manquent de techniciens qualifiés. De l’autre, de nombreux maçons, charpentiers, électriciens, ferrailleurs et soudeurs maîtrisent leur métier sans que leur expérience soit officiellement reconnue.

« Nous ne pouvons plus rester simples spectateurs de ce décalage », a-t-il martelé, rappelant que les chantiers modernes exigent toujours plus de sécurité, de qualité, de rentabilité et de durabilité.

Le Club BTP-CMA a donc orienté son action vers les grands donneurs d’ordres, les ingénieurs et les entreprises, mais aussi vers les artisans, les PME et les techniciens de terrain. Avec le programme BTP Pro, la démarche est partie du « travail réel », explique son président : interroger les employeurs, analyser les postes et repérer les métiers en tension.

La Validation des acquis de l’expérience (VAE) est au cœur du dispositif. Elle doit permettre à ceux qui ont acquis leurs compétences hors du cursus académique classique de faire reconnaître officiellement leur savoir-faire. « La VAE [doit] offrir une passerelle vers la qualification et la dignité sociale pour ceux qui construisent quotidiennement la République », a déclaré Jean Bamanisa.

Réalisés avec l’appui technique de l’Institut de Risk Management (IRM), les 244 référentiels ont été présentés lors de la cérémonie. Le sénateur a notamment salué le travail de Yemil Maisha, secrétaire exécutif national du Club BTP-CMA.

Selon lui, ces référentiels doivent devenir un langage commun : les employeurs pourront y préciser les compétences recherchées, les centres de formation aligner leurs programmes sur la réalité économique, les évaluateurs s’appuyer sur des critères rigoureux, et les travailleurs voir leurs métiers définis et valorisés.

Pour le Club BTP-CMA, la cérémonie marque une étape institutionnelle : mettre ce travail technique à la disposition du ministère afin qu’il se l’approprie, le valide, l’homologue et le déploie. « Nous mettons ces référentiels à la disposition de notre État », a résumé Jean Bamanisa.

Son message : une formation professionnelle plus proche des chantiers et des entreprises, qui reconnaisse les compétences existantes, forme celles dont l’économie a besoin et donne une valeur officielle à l’expérience acquise sur le terrain.

 

 

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