Alors que la République Démocratique du Congo célèbre ce 30 juin 2025 ses 65 ans d’indépendance, la voix de Jedidia Mabela, militant de la LUCHA, résonne comme un cri de lucidité et de révolte.

Dans une tribune intitulée « Le Congo, ce bébé de 65 ans », il dresse un portrait sans concession d’un pays à l’indépendance toujours en chantier, miné par des décennies de mal-gouvernance, de trahisons politiques et d’aliénation de sa souveraineté.

De Patrice Lumumba aux présidences successives de Mobutu, des Kabila père et fils à Félix Tshisekedi, Mabela dénonce une classe dirigeante incapable d’incarner les idéaux d’un État libre, souverain et protecteur.

« Le Congo est passé de la colonisation belge à un néo-colonialisme multi-acteurs », martèle-t-il, évoquant l’influence corrosive des multinationales, des puissances étrangères et des États voisins prédateurs.

Un pays démembré et impuissant

Pour le militant, la RDC actuelle est « une risée du monde », incapable de défendre son territoire, de sécuriser sa population, d’organiser ses institutions de base ou d’offrir les services publics essentiels.

« Cet État-bébé de 65 ans ne sait ni former sa jeunesse, ni offrir une justice équitable, encore moins fournir de l’eau ou de l’électricité à ses citoyens », fustige-t-il.

Une alerte générationnelle et patriotique

Mais cette tribune n’est pas qu’un réquisitoire. Elle se veut aussi un appel à la prise de conscience collective.

Mabela convoque Frantz Fanon pour rappeler que « chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ».

Pour lui, il est temps de « lever nos fronts longtemps courbés », et d’oser rêver et bâtir un Congo digne, moderne, efficace et panafricain.

Alors que le pays célèbre son indépendance dans un contexte de crise sécuritaire et d’instabilité politique, les mots de Jedidia Mabela interpellent.
Plus qu’un bilan, sa plume appelle à une rupture. Pour que, enfin, à plus de six décennies d’indépendance, le Congo sorte de l’enfance politique et entre dans l’âge adulte de sa souveraineté.

Laisser une réponse