L’arrestation de trois journalistes à Kisangani fait grand bruit. Sébastien Mulamba (Kisangani News), Pompon Beyokobana (Election.net) et Steves Mikobi (Kis24.info) ont passé une nuit éprouvante au parquet de grande instance de Kisangani, dans ce qui s’apparente à une entrave flagrante à la liberté d’informer.

Tout est parti d’une démarche journalistique classique : recueillir le point de vue du ministre provincial des Finances, Valentio Asumani Madropio à travers son directeur de cabinet, sur sa participation à la série virale « Divina and Sister ».

Mais au lieu de réponses, les journalistes ont été « séquestrés » dès 9h dans l’enceinte du ministère provincial, selon plusieurs témoignages.

Escortés ensuite à l’inspection provinciale de la police, ils ont été soumis à une audition formelle avant d’être transférés au parquet à 18h et entendus jusque vers 21h par un magistrat instructeur, avant d’être contraints à passer la nuit au parquet.

Curieusement, selon les avocats des journalistes, ce n’est pas le ministre lui-même qui a porté plainte, mais son secrétaire particulier. Une démarche qui soulève des questions sur l’acharnement et le manque de fondement juridique de la procédure engagée.

Cet incident, vivement dénoncé par plusieurs voix de la société civile et des organisations de presse, intervient dans un contexte où la liberté d’expression en RDC est régulièrement mise à l’épreuve. L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) est appelée à se saisir de ce dossier.

L’affaire remet au centre du débat la nécessité de protéger le journalisme d’investigation et de garantir un climat serein pour l’exercice du métier, surtout face aux autorités publiques.

Jean-Claude FUNDI

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