
Le Vice-gouverneur de la province de la Tshopo, Didier Lomoyo Iteku a lancé officiellement, ce lundi 2 décembre 2024, la composante Biodiversité du Programme de gestion durable de la faune (SWM) à Kisangani.
Ce projet financé par l’Union européenne est mis en œuvre par le CIFOR-ICRAF avec ses partenaires dont So WILD.
Ce programme, d’une durée de deux ans (de septembre 2024 à juillet 2026), vise à développer des méthodes et des métriques scientifiquement solides et rentables pour mesurer l’évolution de la biodiversité à l’échelle locale. Il sera particulièrement mis en œuvre dans le paysage de Yangambi, reconnu pour sa biodiversité riche et sa grande valeur écologique.
Engagement Local et Gouvernance Renforcée
A en croire Jonas Nyumu coordinateur de SO WILD, ce projet fournira des informations précieuses sur la manière dont les crédits volontaires de biodiversité (VBC) sont considérées comme une sorte de récompense pour la protection de la nature peuvent être utilisés en tant que mécanisme financier efficace pour soutenir la protection à long terme de la biodiversité en RDC.
Sensibilisation et Formation lors de l’Atelier
Axé sur la gestion durable de la faune dans le paysage de Yangambi, cet atelier a eu pour objectif principal, d’informer et sensibiliser les participants sur l’importance de préserver la biodiversité ainsi que sur les modalités d’implémentation de cette nouvelle composante.
Des présentations ont été faites pour mettre en avant les objectifs clés du projet et ses méthodologies. Parmi celles-ci figurent l’utilisation d’une variété d’outils pour surveiller la biodiversité, tels que des caméras pièges, des capteurs sonores, l’ADN environnemental provenant d’échantillons d’eau, ainsi que des méthodes basées sur les connaissances traditionnelles et locales.
Ces données permettront d’élaborer des méthodes fiables pour mesurer l’évolution de la biodiversité au fil du temps.

Dr. Nathalie Van Vliet, chercheuse principale en faune et moyens de subsistance au CIFOR-ICRAF, a précisé que grâce à cette initiative, les métriques de biodiversité seront mises à profit afin d’évaluer l’impact des efforts de conservation sur les populations d’espèces cibles.
« Notre approche combine les dernières méthodes scientifiques avec l’engagement des communautés locales, garantissant ainsi la pertinence, l’efficacité et la durabilité des outils que nous développons », a-t-elle ajouté.
Appel à une Prise de Conscience Collective

Le Vice-gouverneur Didier Lomoyo a souligné que cet atelier constitue une occasion précieuse pour réfléchir ensemble aux enjeux liés à la biodiversité et aux défis posés par le changement climatique. Il a également dénoncé certaines activités humaines qui nuisent à cette richesse naturelle tout en appelant à une prise de conscience collective.
Les efforts du CIFOR-ICRAF et ses partenaires dans la gestion durable de faune contribueront à atteindre les ambitieux objectifs mondiaux fixés par la Convention sur la diversité biologique (CDB). L’objectif est clair : protéger 30 % des terres mondiales et restaurer 30 % des zones dégradées d’ici 2030.
En mettant en œuvre des outils de surveillance innovants, comme les caméras pièges et l’ADN environnemental, le projet permettra non seulement de suivre l’évolution des espèces, mais aussi d’impliquer les communautés locales dans la gestion durable de leur environnement. Cela favorisera une approche collaborative qui est essentielle pour atteindre les objectifs de conservation.
L’engagement à utiliser les crédits volontaires de biodiversité (VBC) comme mécanisme financier est également une initiative prometteuse qui pourrait offrir des ressources supplémentaires pour soutenir ces efforts.
En combinant recherche scientifique et mobilisation communautaire, ce projet pourrait véritablement transformer la manière dont la biodiversité est protégée dans cette région riche en écosystèmes.
Jean-Claude Fundi