Un climat d’insécurité grandissant pour les professionnels des médias

A Kisangani, l’étau se resserre autour des journalistes. Cette fois, c’est Anselme Masua, reporter à la Radio Flambeau de l’Orient (RFO) de l’Université de Kisangani et ancien journaliste de Radio Okapi, qui se retrouve dans le viseur de présumés criminels.

Depuis le mardi 23 septembre 2025, il est la cible de menaces de mort explicites. Aux premières heures de la journée, aux alentours de 7h écrit singamwambe.com, Anselme Masua reçoit un appel anonyme. Un homme se présentant comme membre d’un groupe de tueurs venus de Bunia affirme être en mission pour l’abattre. Une commande funeste qui, selon ce média en ligne, émanerait d’un habitant de Bunia que le journaliste aurait supposément lésé.

« Donne-nous de l’argent pour qu’on t’épargne »

Les intentions du groupe ne laissent aucune place à l’ambiguïté. Pire encore, le présumé tueur propose une négociation pour annuler l’exécution, sans préciser le montant à verser. Lorsque Masua demande des détails poursuit le confrère, la communication est brutalement coupée.

Durant la conversation, l’agresseur affirme également connaître le domicile du journaliste. Leur passage à l’acte aurait été retardé, grâce à l’intervention d’un universitaire logeant les présumés criminels. Une révélation glaçante.

Un acharnement inquiétant

Dans les 45 minutes qui suivent, un deuxième appel est enregistré, puis plusieurs autres au cours de la journée et jusqu’au jeudi matin. Masua refuse de répondre à ces appels, mais l’angoisse grandit. Lui et sa famille vivent depuis dans la peur, ne sachant pas de quoi sera fait le lendemain.

Une menace de trop pour la presse boyomaise

Cette tentative d’intimidation vient s’ajouter à une série d’agressions et menaces visant les journalistes dans la province de la Tshopo. Le cas d’Anselme Masua révèle la vulnérabilité croissante des professionnels des médias, pris pour cibles dans un contexte de tensions sociales, politiques et sécuritaires.

Il est urgent que les autorités se saisissent du dossier, sécurisent les journalistes menacés et enquêtent sur l’origine de ces appels. Anselme Masua n’est pas un cas isolé : il incarne une profession en péril, et son histoire rappelle que la liberté de la presse en RDC reste encore fragile, exposée et attaquée.

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