L’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) tire la sonnette d’alarme sur la dégradation rapide et alarmante des conditions de vie des populations déplacées ayant fui les violences armées dans le territoire de Kouamouth, en province du Mai-Ndombe.

Dans une lettre adressée à la Ministre d’État en charge de la Solidarité nationale et des Affaires humanitaires, l’organisation appelle à une réponse urgente et coordonnée de l’État congolais.

Selon les données humanitaires d’OCHA RDC datant de décembre 2025, plus de 280 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leurs villages, leurs terres et leurs moyens de subsistance à la suite des exactions attribuées aux milices Mobondo. Une partie significative de ces déplacés internes a trouvé refuge à Bandundu-ville, notamment dans des sites précaires comme le marché Malebo, où les conditions de vie sont jugées inhumaines.

Une détresse sanitaire et sociale alarmante

Les constats faits sur le terrain par l’AJDDH, corroborés par des sources médiatiques nationales crédibles, font état d’une crise humanitaire aiguë. Les déplacés vivent sans accès régulier à l’eau potable, à la nourriture, ni aux soins de santé de base. L’absence quasi totale de latrines et d’infrastructures sanitaires expose particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées à des risques élevés de maladies et de malnutrition.


Pour l’ONG, cette situation constitue une violation flagrante de l’article 47 de la Constitution, qui garantit le droit à la santé pour tous les citoyens.

Insécurité persistante et impossibilité de retour

A cette précarité s’ajoute une insécurité persistante dans le territoire de Kouamouth et le long de la RN17, entretenue par l’activisme des milices Mobondo. Cette situation empêche tout retour volontaire des populations déplacées dans leurs villages d’origine et porte gravement atteinte aux droits fondamentaux, notamment le droit à la sécurité, à la propriété privée et à la libre circulation des personnes.

Une réponse étatique jugée insuffisante

Malgré les alertes répétées des autorités locales de la province du Kwilu et de la société civile, l’AJDDH déplore l’absence d’un plan national de réponse humanitaire structuré, proportionnel à l’ampleur de la crise. Une carence qui, selon l’organisation, va à l’encontre des obligations constitutionnelles de l’État, notamment celles prévues à l’article 52 relatif à la protection et à l’assistance des populations vulnérables.

Un appel pressant au Gouvernement

Au nom du respect de la vie humaine consacré par l’article 16 de la Constitution, l’AJDDH exhorte le Gouvernement à :
– Déployer en urgence une mission interministérielle pour la distribution immédiate de vivres et de kits sanitaires sur l’axe Bandundu–Kouamouth ;
– Renforcer la coordination avec les partenaires humanitaires internationaux afin de hisser cette crise au rang des priorités humanitaires nationales.

Pour Jean-Jacques Issongo, Coordonnateur provincial de l’AJDDH à Kinshasa, une action rapide et concertée des autorités est indispensable pour éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur et restaurer la dignité de milliers de Congolais aujourd’hui abandonnés à leur sort.

 

 

Rédaction

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