
La localité de Bafwasande, située à quatre kilomètres de Bafwasende-centre, dans le territoire de Bafwasende, a vécu un dimanche noir le 15 février, marqué par des violences meurtrières et un drame au sein des forces de l’ordre.
Selon les informations recueillies sur place, deux civils ont été tués par balles lors d’une intervention policière, tandis qu’un policier s’est donné la mort par pendaison le même jour, plongeant la communauté dans la stupeur.
Une tension née d’un soupçon de sorcellerie
A l’origine des troubles, le décès d’une femme du village, dont la maladie était localement soupçonnée d’être d’origine mystique.
Alors que les obsèques se déroulaient dans une atmosphère déjà chargée d’émotion, des individus non identifiés ont tenté d’incendier la résidence du chef de groupement de Bafwazongo.

Alertés, les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) sont intervenus pour disperser les fauteurs de troubles. La situation a rapidement dégénéré.
Echanges de tirs et victimes collatérales
D’après des sources concordantes, un homme armé d’un fusil de calibre 12 aurait opposé une résistance aux policiers, allant jusqu’à ravir l’arme d’un agent. Face à cette escalade, les autres éléments de la PNC ont ouvert le feu pour neutraliser le porteur d’arme.
Dans la confusion, deux civils, qui n’étaient pas directement impliqués dans l’altercation, ont été mortellement atteints par des balles. Ils ont succombé sur-le-champ, suscitant une vive émotion au sein de la population locale.
Un policier retrouvé pendu
Comme si ces événements ne suffisaient pas, un autre drame est survenu le même dimanche : un policier basé à Bafwasende a été retrouvé pendu. Les circonstances exactes de ce suicide ne sont pas encore élucidées, mais ce geste tragique vient alourdir un bilan déjà dramatique.
Les deux civils tués par balles ainsi que le policier ont été inhumés le lundi 16 février, dans un climat de recueillement et de tension maîtrisée.
Retour au calme sous haute surveillance
Pour l’heure, le calme est revenu à Bafwasande. Les éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont été déployés pour sécuriser la zone et prévenir toute nouvelle flambée de violence.
Ces événements relancent toutefois la question des croyances liées à la sorcellerie, souvent à l’origine de tensions communautaires, ainsi que celle de la gestion des foules et de l’usage de la force par les services de sécurité en milieu rural.
Une enquête serait attendue pour établir les responsabilités et faire toute la lumière sur cette journée tragique qui restera gravée dans la mémoire des habitants de Bafwasande.