
Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, vit un nouveau coup dur pour la liberté de la presse. Les journalistes locaux ont été contraints de quitter la Maison de la presse, un espace symbolique et stratégique pour l’exercice de leur métier, à la suite d’un ordre attribué au mouvement rebelle AFC-M23/RDF.
L’information est contenue dans un communiqué officiel de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), parvenu à notre rédaction.
Selon ce communiqué, l’ordre d’évacuation a été relayé par la direction provinciale de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) Nord-Kivu, récemment mise en place par la rébellion soutenue par le Rwanda. Cette direction exige le départ immédiat des journalistes, affirmant que le bâtiment de la Maison de la presse serait érigé sur une concession appartenant à la RTNC.
Construite par la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), la Maison de la presse avait été officiellement remise aux professionnels des médias de Goma comme cadre de travail, de formation et de coordination. Elle cessera désormais de fonctionner à partir de ce lundi, plongeant les journalistes dans l’incertitude.
« La direction provinciale de la RTNC Nord-Kivu nous demande de quitter le bâtiment, centre de presse, au motif qu’il est construit sur la concession de la RTNC », a déclaré Rosalie Zawadi, présidente provinciale de l’UNPC.
Pour elle, cette décision constitue une remise en cause grave des acquis de la presse locale.
Dans un contexte sécuritaire déjà tendu, cette évacuation est perçue par les professionnels des médias comme une manœuvre d’intimidation.
« Nous devons dire non à la spoliation de notre centre de presse », a confié sous anonymat un journaliste de Goma, dénonçant une atteinte flagrante à la liberté de la presse dans une ville sous contrôle rebelle.
L’UNPC appelle les instances nationales et internationales à se saisir urgemment de ce dossier afin de garantir la protection des journalistes et le respect du droit à l’information dans le Nord-Kivu, une province où informer devient chaque jour un acte de courage.
Jean-Claude FUNDI ASSUMANI