A l’heure où les réseaux sociaux façonnent l’opinion publique et influencent la cohésion sociale, la lutte contre la désinformation s’impose comme un enjeu majeur.

A Kisangani, plus de vingt femmes issues d’associations et d’organisations de la société civile ont été formées, ce jeudi 05 février, aux bonnes pratiques numériques et à la prévention des discours de haine en ligne.

Organisé dans la salle de réunion de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), cet atelier de sensibilisation s’inscrit dans le cadre du Projet Désinfox de la jeunesse de Kisangani, mis en œuvre par le Club RFI/Kisangani.

L’initiative vise à renforcer les capacités des femmes dans l’usage responsable des plateformes numériques, devenues à la fois des outils de communication puissants et des vecteurs de désinformation.

Prenant la parole, Patrick LOSA, président du Club RFI/Kisangani et coordonnateur du projet, a souligné que la désinformation constitue aujourd’hui un véritable fléau pour la paix et l’unité sociale.

Selon lui, les femmes, très actives sur les réseaux sociaux et souvent gestionnaires de groupes WhatsApp ou de pages Facebook, sont régulièrement confrontées à la propagation de fausses informations.

« Les femmes doivent faire preuve d’une grande vigilance face aux informations reçues par n’importe quel canal. Beaucoup de fausses nouvelles circulent sous l’apparence de la vérité et représentent un danger réel pour notre société », a-t-il insisté, appelant à la vérification systématique des sources avant tout partage.

Le coordonnateur du projet a également dénoncé la recrudescence des discours de haine en ligne, souvent alimentés par la volonté de nuire, rappelant ainsi l’importance d’un usage éthique et responsable des outils numériques.
Très satisfaites de la formation, les participantes ont salué la pertinence des enseignements reçus.

Maître Glorianne KOLONGO, coordinatrice des femmes avocates du Congo, s’est réjouie de cette initiative qu’elle juge salutaire.

« On nous a appris comment nous protéger contre la désinformation, mieux gérer nos comptes sur les réseaux sociaux et renforcer notre sécurité numérique. Cette formation est très utile pour nous, les femmes, qui sommes souvent victimes des discours de haine et des fausses informations diffusées sur WhatsApp, Facebook, X (Twitter), Instagram et autres plateformes. Aujourd’hui, nous sommes capables de distinguer le vrai du faux », a-t-elle affirmé.

Placée sous le thème « Femme digitale et paix : filtrer le faux pour préserver l’unité », cette activité s’inscrit dans une dynamique de promotion d’un numérique responsable au service de la paix sociale.

Lancé en avril 2025, le Projet Désinfox de la jeunesse de Kisangani bénéficie de l’appui financier de l’agence française de développement (AFD Médias).

A travers cette initiative, les femmes de Kisangani s’affirment désormais comme des actrices clés de la lutte contre la désinformation, contribuant ainsi à la construction d’un espace numérique plus sain et porteur de paix.

Elie ATILAOTO

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